Location de véhicule électrique pour une entreprise

À prix de véhicule identique, un électrique fait économiser de l'ordre de 1 100 à 2 300 € par an et par véhicule sur la seule fiscalité, par rapport à une essence équivalente. Le calcul tient donc tant que l'écart de loyer entre les deux reste sous une centaine d'euros par mois.

Au-delà, il ne tient plus, et aucun argument environnemental ne rattrape l'écart. Voici le détail, pour que vous puissiez faire le calcul sur votre propre devis.

Les deux lignes fiscales qui creusent l'écart

L'électrique n'est pas avantagé par une aide unique, mais par deux mécanismes qui se cumulent. Ce sont les seuls qui comptent vraiment dans un arbitrage.

Les taxes annuelles : zéro contre plusieurs centaines d'euros

Un véhicule dont l'énergie est exclusivement l'électricité ou l'hydrogène est exonéré des deux taxes annuelles sur les véhicules de société, celles que l'on appelait la TVS. Une essence classée Crit'Air 1 émettant 125 g de CO2 coûte, elle, 563 € par an. À 140 g, on passe à 1 313 €.

Ces taxes sont dues par l'entreprise qui utilise le véhicule, pas par le loueur, y compris en location. Elles ne sont pas comprises dans votre loyer.

La part du loyer que vous ne pouvez pas déduire

C'est la ligne que presque personne ne regarde avant de signer, et c'est la plus lourde.

Quand une entreprise loue un véhicule de tourisme pour plus de trois mois, elle ne peut pas déduire la totalité du loyer de son résultat. Une fraction doit être réintégrée, calculée à partir d'un plafond qui dépend directement des émissions de CO2 du véhicule.

Émissions de CO2 du véhicule

Plafond de déductibilité

Moins de 20 g/km — électrique

30 000 €

De 20 à 59 g/km — hybride rechargeable

20 300 €

De 60 à 130 g/km

18 300 €

131 g/km et plus

9 900 €

 

Un détail qui compte : quand la batterie d'un véhicule électrique est facturée séparément, son coût sort du calcul du plafond. Un électrique à 41 000 € dont 12 000 € de batterie est donc traité comme un véhicule à 29 000 €, c'est-à-dire sous le plafond, avec un loyer intégralement déductible.

Le calcul complet, sur trois véhicules au même prix

Prenons trois véhicules à 35 000 € TTC, loués sur la même durée, amortis sur cinq ans par le loueur, qui est la durée que nous pratiquons. Le seul paramètre qui change est la motorisation.

 

Électrique

Essence 125 g

Essence 140 g

Plafond applicable

30 000 €

18 300 €

9 900 €

Loyer non déductible par an

1 000 €

3 340 €

5 020 €

Impôt supplémentaire à 25 %

250 €

835 €

1 255 €

Taxes annuelles

0 €

563 €

1 313 €

Coût fiscal total par an

250 €

1 398 €

2 568 €

 

L'écart annuel est de 1 148 € face à l'essence 125 g, et de 2 318 € face à l'essence 140 g. Sur une flotte de dix véhicules et un contrat de trois ans, on parle de 34 000 à 69 000 €.

Et rien dans ce tableau ne relève de l'estimation : les plafonds viennent du Code général des impôts, les taxes du barème officiel, et la part non déductible se calcule avec la méthode publiée par l'administration.

Le seuil de bascule

C'est le seul chiffre à retenir de cet article.

Face à une essence de gamme équivalente autour de 125 g, l'avantage fiscal de l'électrique vaut environ 95 € par mois. Face à une essence plus émettrice, autour de 140 g, il vaut environ 190 € par mois.

Autrement dit : si l'écart de loyer entre l'électrique et le thermique que vous comparez est inférieur à ce montant, l'électrique vous revient moins cher, coût de l'énergie mis à part. S'il est supérieur, le calcul ne tient pas, et il vaut mieux l'assumer que de le maquiller en argument environnemental.

Il reste ensuite le coût de l'énergie, très favorable à l'électrique quand la recharge se fait sur site ou au domicile du salarié, beaucoup moins sur les bornes rapides d'autoroute. C'est ce paramètre-là qu'il faut regarder ensuite, une fois le seuil fiscal franchi.

Tous les électriques ne se valent pas : la condition éco-score

Jusqu'ici, nous avons raisonné motorisation. Il existe un second critère, qui ne joue pas sur les mêmes lignes, et que beaucoup d'entreprises découvrent au moment de la paie plutôt qu'au moment de la signature.

Ce que mesure le score environnemental

Le score environnemental, que tout le monde appelle l'éco-score, est une note attribuée par l'ADEME à chaque version de voiture particulière électrique neuve commercialisée en France. Il ne mesure pas ce que le véhicule consomme ni ce qu'il émet en roulant. Il mesure l'empreinte carbone de ce qui se passe avant : extraction des matériaux, fabrication de la batterie, assemblage, puis acheminement jusqu'au point de distribution en France.

Le seuil d'éligibilité est fixé à 60 points. La liste des versions qui l'atteignent est publique, tenue par l'ADEME, et enrichie par arrêté à un rythme à peu près mensuel.

Ce que l'éco-score change pour une entreprise

Une seule chose, mais elle pèse : l'avantage en nature du véhicule de fonction. Depuis le 1er février 2025, l'abattement réservé aux véhicules électriques n'est accordé qu'aux véhicules figurant sur cette liste.

Abattement sur l'avantage en nature

Véhicule éco-scoré

Véhicule hors liste

Évaluation forfaitaire

70 %, plafonné à 4 641,60 € par an en 2026

Aucun abattement

Évaluation au réel

50 %, plafonné à 2 026,30 € par an en 2026

Aucun abattement

 

Ce régime s'applique aux véhicules mis à disposition entre le 1er février 2025 et le 31 décembre 2027. Les hybrides rechargeables en sont exclus, quelle que soit leur autonomie électrique.

Une précision utile, apportée par le Bulletin officiel de la Sécurité sociale au printemps 2026 : si un véhicule ne figure pas sur la liste au moment où il est mis à disposition du salarié mais l'intègre ensuite, l'abattement devient applicable à compter de la publication de l'arrêté.

Ce que l'éco-score ne change pas

Et c'est important, parce que les deux sujets se mélangent souvent. Le plafond de déductibilité du loyer et l'exonération des deux taxes annuelles restent indexés sur les seules émissions de CO2. Un véhicule 100 % électrique absent de la liste conserve donc son plafond à 30 000 € et son exonération de taxes. Le calcul de la section précédente ne bouge pas d'un euro.

Autrement dit : l'éco-score n'invalide pas l'arbitrage électrique contre thermique. Il départage deux électriques entre eux, dès lors que le véhicule est attribué à un salarié pour son usage privé.

Pourquoi certaines versions n'y figurent pas

Parce que le calcul pèse le lieu de production et la distance parcourue avant livraison. Une fabrication européenne, adossée à un mix électrique peu carboné et à un transport court, part avec une avance nette. Une batterie de grande capacité produite loin de l'Europe alourdit le bilan et fait tomber la note sous le seuil, y compris sur des modèles par ailleurs très performants.

Dernier point, et c'est celui qui piège : l'éligibilité s'apprécie version par version, pas modèle par modèle. Deux finitions du même véhicule peuvent ne pas avoir le même statut. Avant de signer, demandez à votre loueur la version exacte qui vous sera livrée et vérifiez-la sur la liste officielle. C'est une question de trente secondes qui peut valoir plusieurs milliers d'euros de base d'avantage en nature sur la durée du contrat.

Les quatre situations où le calcul ne tient pas

Autant le dire, ça évite des contrats mal calibrés.

    Le grand rouleur sans solution de recharge. Un commercial qui fait 45 000 km par an et recharge sur autoroute perd l'essentiel de l'avantage énergie, et passe son temps à s'arrêter. Sur ce profil, l'arbitrage se fait autrement.

    L'usage utilitaire lourd. Charge, remorquage, interventions en zone mal équipée : l'autonomie réelle chute, et le véhicule ne fait pas le travail. Un fourgon thermique reste souvent le bon choix, d'autant qu'il n'est pas soumis aux taxes annuelles.

    L'écart de loyer trop important. Si le modèle électrique équivalent coûte 200 € de plus par mois, l'avantage fiscal ne compense pas. La bonne réponse est alors de descendre d'un cran en gamme plutôt que de renoncer, souvent avec le même usage réel.

    Le véhicule de fonction hors liste éco-score. Si le véhicule est attribué à un salarié pour son usage privé, l'absence d'éco-score supprime un abattement qui peut atteindre 4 641,60 € par an sur la base de l'avantage en nature. Sur un véhicule de service, qui reste dans l'entreprise, la question ne se pose pas.

 

Ce que votre loueur est tenu de vous indiquer

Un point de méthode qui vous concerne directement, quel que soit le loueur avec qui vous travaillez.

Vous ne pouvez pas calculer vous-même la part non déductible de votre loyer : elle dépend du prix auquel le loueur a acheté le véhicule et de la durée sur laquelle il l'amortit, deux informations que vous n'avez pas. C'est pour cette raison que l'administration impose au loueur de vous communiquer ce montant, et de le faire figurer explicitement dans le contrat de location.

Chez nous, ce montant est indiqué au contrat. Si vous ne le trouvez pas sur une offre qu'on vous propose ailleurs, demandez-le avant de signer. C'est ce chiffre qui transforme un loyer affiché en coût réel, et c'est souvent lui qui départage deux offres qui semblaient identiques.

Questions fréquentes

Un véhicule électrique de société est-il exonéré de taxes ?

Oui, des deux taxes annuelles sur les véhicules de société, à condition que son énergie soit exclusivement l'électricité, l'hydrogène ou une combinaison des deux. Les hybrides rechargeables n'en bénéficient pas.

Peut-on déduire la totalité du loyer d'un véhicule électrique loué ?

Oui, si le prix du véhicule ne dépasse pas 30 000 € TTC, batterie exclue lorsqu'elle est facturée à part. Au-delà, une fraction du loyer doit être réintégrée, mais elle reste bien plus faible que sur un thermique de prix équivalent.

Qu'est-ce que l'éco-score d'une voiture électrique et à quoi sert-il pour une entreprise ?

C'est une note de l'ADEME qui mesure l'empreinte carbone de fabrication et d'acheminement du véhicule, avec un seuil d'éligibilité à 60 points. Pour une entreprise, il commande l'abattement sur l'avantage en nature du véhicule de fonction. Il ne modifie ni le plafond de déductibilité du loyer, ni l'exonération des taxes annuelles.

À partir de quel écart de loyer l'électrique cesse-t-il d'être intéressant ?

Autour de 95 € par mois face à une essence émettant environ 125 g de CO2, et autour de 190 € face à une essence à 140 g. En dessous de ces montants, l'électrique revient moins cher une fois la fiscalité intégrée. Au-dessus, non.

Est-ce que ça vaut le coup pour une seule voiture ?

Le calcul est le même à un véhicule qu'à cinquante, simplement l'écart en valeur absolue est plus petit. Sur un véhicule à 35 000 €, on parle de plus de 1 100 € par an face à une essence équivalente, ce qui reste significatif pour une TPE.

Faut-il acheter ou louer un véhicule électrique d'entreprise ?

Les plafonds de déductibilité s'appliquent dans les deux cas, la règle fiscale est neutre. Ce qui diffère, c'est l'exposition à la valeur de revente, qui reste difficile à anticiper sur l'électrique. La location transfère ce risque au loueur.

Et l'avantage en nature pour un salarié ?

Un véhicule électrique figurant sur la liste éco-score ouvre droit à un abattement de 70 % sur l'avantage en nature évalué au forfait, dans la limite de 4 641,60 € par an en 2026, ou de 50 % en évaluation au réel, dans la limite de 2 026,30 €. Hors liste, aucun abattement ne s'applique. Les règles ont beaucoup bougé depuis février 2025 et méritent un article à elles seules, que nous publierons prochainement.

RENTR propose-t-il des véhicules électriques ?

Oui. Une partie du parc est électrique et disponible rapidement, et nous pouvons rechercher un modèle précis dans le cadre d'une demande en location longue durée. Si vous avez besoin d'un véhicule figurant sur la liste éco-score, précisez-le dès votre demande : c'est un critère que nous intégrons à la recherche.

Faisons le calcul sur votre cas

Le seuil de bascule dépend du modèle, de son prix et de vos kilomètres réels. C'est un calcul de quinze minutes, à condition d'avoir les bons chiffres devant soi.

Prenez rendez-vous : nous regardons ensemble les véhicules que vous envisagez, l'écart de loyer réel, la version exacte et son statut éco-score, et ce que la fiscalité vient corriger. Nous vous dirons aussi quand l'électrique n'est pas le bon choix. Réponse sous 24 heures.


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LMD